Le SNAP CGT 59 était mardi soir à une Conférence sur "le graphisme et l'exposition" animée par Etienne Bernard et Antoine Marchand, commissaires d'exposition au festival de Chaumont. C'était en coproduction avec la Condition publique et le Festival International de l'Affiche et du Graphisme de la ville de Chaumont, et dans le cadre de la première partie du "Focus Berlin". Il y avait par ailleurs présentation d'une exposition tirée du fonds contemporain d'affiches de la ville de Chaumont.
Rappelons que lors du Festival de Chaumont, Luc Chatel, en tant que maire de Chaumont, mais aussi comme membre et porte-parole du gouvernement demandait aux graphistes ayant participé au festival de signer un contrat leur faisant abandonner tous leurs droits d'auteurs. C'est bien évidemment sur cet aspect que le SNAP CGT 59 souhaitait s'exprimer.
Beaucoup d'étudiants étaient présents puisque l'école d'art de Cambrai avait affrété un bus pour l'occasion. Sur le contenu, pour résumer brièvement les propos d'Etienne Bernard, le discours développé est que les graphistes ne sont pas des artistes et qu'ils n'ont donc pas à aller gamberger du côté de l'art contemporain. Chacun son pré carré. Ils ont d'ailleurs fortement critiqué la démarche de M/M (Michael Amzalag et Mathias Augustyniak) qui ont parallèlement à leurs travaux de commande développé une pratique propre de l'exposition en réinterprétant leurs archives pour construire leur « paysage » ou en mélangeant leurs affiches aux œuvres d'artistes contemporains (des vrais, pas de simples graphistes). Discours assez étonnant, surtout lorsque l'on sait que l'on refuse de plus en plus les dossiers des graphistes à la MDA pour les renvoyer vers l'URSSAF (et donc des cotisations sociales bien moins avantageuses) en prétendant que leur travail ne se situe pas dans le champ artistique. La question d'exposer des créations de graphisme semble d'ailleurs beaucoup déranger nos deux commissaires, qui ne voient pas l'intérêt de présenter des oeuvres en situation muséale, ou de galerie, pusiqu'à la base, ce sont des travaux de commande. Une sorte de hors contexte en quelque sorte. On finit simplement par se demander si le Festival de Chaumont n'a pas de souci à se faire quant à sa pérennité si ses commissaires doutent de la pertinence d'exposer des ouevres de graphisme. Bref, c'était pétri de contradictions et surtout pas très convaincant.
Peu d'intérêt en somme, tellement peu qu'à peine fini, tout le monde est vite parti sans demander son reste direction le buffet (fort garni heureusement)...